L'autre matin, une collègue s'est mise à pleurer alors que je prenais le RER avec elle car elle avait craqué pendant son service.

En fait, elle était dans le service de soins de pré-natalité, une future mère commençais à avoir des contractions et ma collègue s'en voulait de la voir souffrir et de ne rien pouvoir faire.

bebe_192

En plus, après elle s'en voulait d'avoir craqué car elle se pensait assez forte pour que ça ne lui arrive jamais!

C'est justement de savoir que cela peut nous arriver qui nous aides à tenir!

Même si on laisse nos problèmes à la porte de l'hôpital, nous trimbalons notre histoire personnelle partout.

Personnellement, je pense que j'apprécie de travailler en cancérologie car, ayant perdu pas mal de proches d'un cancer, j'essaie d'aider aux mieux les gens, ce que je n'ai pu faire pour mes proches. Sachant ça, je sais que je peux craquer un jour ou l'autre à cause d'un souvenir, d'une similitude, etc...

Il y a toujours un patient auquel on s'attache plus que les autres selon l'âge, le caractère, l'histoire, etc...

Je me suis déjà surprise à verser une larme en sortant d'une chambre. Mais bien sûr, tout ça reste intérieur, il n'est pas question de privilégié un malade plus qu'un autre.

La meilleure solution est le DIALOGUE.

pers190Avec ses collègues, IDE et AS, pour exprimer ce que l'on ressent et savoir ce qu'elle ressent et comment elle ressent le patient. Regrouper les infos sur ses besoins pour essayer de les palier au mieux, connaître son histoire et l'histoire de sa maladie pour savoir, aux besoin, pourquoi l'on n'arrive pas à le contenter et se sentir frustré.

Plus on connaîtra et on pourra répondre aux besoins de nos patients, plus on pourra les aider, moins on se sentira frustré et l'on pourra avoir l'esprit et le coeur plus léger.

Et puis, on peut discuter avec les médecins (plus facilement, les internes!) qui connaissent des fois plus de choses sur la vie de la pers189personnes.

Et, la surveillante. Car, déjà elle est moins impliquée dans la relation soignant-malade et va donc essayer de VOUS aider et, si vous vous sentez vraiment mal dans un service, elle essayera de trouver une solution, quitte à vous changer de service.

On nous apprends à prendre nos distances avec les patients mais aussi à être humains avec eux.

C0028121Super AS n'existe pas (dommage!), les patients apprécie notre côté humain, alors, gardons-le et ne redoutons pas de craquer un jour ou l'autre, ça ne veut pas dire que nous sommes de mauvais soignants, ça veut juste dire que nous sommes des femmes et des hommes avec un coeur!

fetes138